jeudi 14 juillet 2011

Lettre ouverte à ma mère

Tu m’as donné le premier souffle.

Je me suis réveillé dans cet environnement hostile en pleurs, mais protégé par tes yeux pétillants d’amour, tes bras sécurisants.Jamais je ne pourrai te rendre cette vie que tu m’as donnée. Les mots ne suffiront pas pour traduire ma reconnaissance tellement elle est infinie. Mes pensées s’entremêlent au rythme des battements de mon cœur quand je convoque ce sentiment profond qui nous unit. L’émotion est grande quand le film de toute une vie souvent difficile, lassante me submerge. Alors que tu as su tenir la chandelle très haute Seule contre tous, face aux vicissitudes de la vie, jamais tu n’as affiché profil bas, pour combler de joie ton unique bout de bois.

Cette fois l’émotion est à son comble et je suis obligé d’implorer ta grâce. Tant d’années d’inquiétudes, de doutes que j’ai causés et pourtant chaque fois tu m’as pardonné, tu m’as soutenu. Je ne l’ai pas beaucoup connu car je n’ai pas vécu au prés de lui, mais son autorité morale fait jurisprudence Paix à son ame. Pourtant jamais je n’ai ressenti un vide. Tu as tenu les deux rôles à mes cotés. Matérialisant mes rêves les plus fous, tolérant toute mes bévues .Ta grandeur d’âme sera pérenne grande dame.

Comme exemple je te suivrai et surement je donnerai un sens à mon existence.

Par Thierno Niang, jeudi 26 mai 2011, 22:47

PATRON PEUL ET BOY SERERE



-Allo Ngor
-Oui patron

-J'arrive pas à te joindre sur le fixe, ca va?
-Non
-Comment?
-Le manche de la pelle est cassé
-Tu te fous de moi
-Non patron
-Tu me fais peur pour un manche cassé
-Pardon patron je voulais pas vous faire peur
-Mais non, t'inquiète, désolé de t'avoir crié dessus mon petit sérér préféré. Vas y! raconte moi. Comment as tu pu casser cemanche han?
-J'enterrai le chien Mr Diallo...

-Quoi? mon chien, mon unique enfant!
-oui patron, il a plongé dans la piscine
-mais il savait nager
-oui, mais y avait pas d'eau et il s'est fracassé la tête
-Mais on a nettoyé et rempli la piscine ensemble
-On a utilisé l'eau pour éteindre le feu
-lequel?
- De votre maison
-Qui a mis ma villa en feu?
-On allumé un cierge pour votre maman et les rideaux ont pris feu
-Ma mère est morte?
-Oui, elle a piqué une crise cardiaque quand elle a surpris ton ami, mon cousin Gnokhor, dans la chambre...
-ma femme me trompe avec mon meilleur ami
-oui patron, elle est partie avec lui après les funérailles de votre mère et ... du chien
-Je m'absente en deux semaines et toute ma vie bascule, tu es mon porte malheur, tu ne me raconte que du négatif!
-Non patron, y a du positif, le test séropositif que tu as fait avant de partir, c'est sorti et grâce à Rook...


mardi 24 mai 2011

Couleur Marocaine

Le blanc lui fait penser à la gaité, à la paix mais aussi aux anges, donc à la mort, une mort gaie et paisible avec ce petit ange aux ailes blanchâtres qui l'accompagnera aux beaux jardins du paradis où il fait toujours beau, où il ya plein de fleurs et de couleurs du printemps. Le jaune lui fait fait penser aussi bien à la beauté de ce printemps-là qu'à l'or où à l'argent au sens bancaire du terme. Quant à l'amour, elle l'associe au rouge. Ca lui évoque le désir de l'homme qui finit par déflorer cette pure amoureuse en laissant cette trace de sang rouge sur le drap blanc. Cette idée la hante et lui fait penser à la vengeance en voyant du rouge. Ca éveille en elle une haine noire, fruit du mal de la trahison. En pensant à ce noir, elle finit toujours par se calmer. Cette couleur de la nuit et des profondeurs l'apaise, l'attendrit et la fait rêver dans un calme assourdissant. Elle pense à un avenir fécond alors vert, et elle a plus d'espoir. Quand elle voit le drapeau de son pays, en pensant à toute cette haine rouge, elle finit par se calmer grace à cette étoile verte qui lui évoque l'espoir d'un avenir meilleur, d'un horizon pur et radieux ou flirtent deux bleus, mer et ciel où ou se couche le soleil jaune du printemps et des joies pour laisser place à la nuit noire donc calme mais où se passent les passions les plus rouges.

A Lamia

Mouhamadoux
Rabat le 24/05/2011

image: http://www.aufaitmaroc.com/maroc/societe/2010/3/7/une-decennie-davancees-remarquables-en-faveur-de-la-femme-marocaine

dimanche 24 avril 2011

DES ECHOS DE SON JOURNAL


Cher journal, beaucoup de gens, lorsqu’ils connaitront ton existence penseront la même chose : « nous avions vraiment sous-estimé sa folie ! » Est-ce de la folie d’être l’éternelle incomprise ? La fille renfermée qui pense comme une toubab[1] ? Celle qui pourtant malgré la largesse de sa famille se sent seule vraiment seule au monde ? Si ce sont les critères qui permettent de juger de ma faculté mentale alors là je suis bien folle ! bien folle d’avoir cette habitude depuis ma tendre enfance de te confier mes maux les plus lourds, les plus difficiles à supporter ; ceux qui me sont le plus durs à évacuer avec les mots. Si seulement ils savaient qu’il me faut écrire ces mots, qu’il me faut inéluctablement prendre mon stylo et déverser ma rage sur toi ! Le pauvre innocent que tu es… tu y es pour rien pourtant si j’ai l’impression que le monde entier me tourne le dos. Tu es un parfait intrus à la haine que je nourris.

Ils m’ont achevé, ils m’ont volé ma vie, mon avenir…

Je revois son visage peiné, je ressens ses larmes au bout de mes doigts, je le revois être là à me dire avec un optimisme douteux que ça va aller, que tout cela ne sera que de sombres souvenirs…j’ai bien envie de rire. C’est devenu mon quotidien cher journal !

Ce que je trouve génial dans cette riche société africaine c’est que nos parents se donnent le droit de choisir à notre place ! J’ai quand même 25 ans, hélas il n’y a pas de majorité dans le milieu des « Sans-argent-rien » oops je voulais dire « Sénégalais » …que les foudres s’abattent sur moi la prochaine fois que j’oserais sortir une telle vérité de ma bouche. C’est typiquement ce que grand-mère m’aurait dit si elle m’avait entendu et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle je te le dis parce que je suis sûre que tu me comprendras et que tu ne me jugeras point !

J’ai tant de haine envers eux tous pour ne pas dénoncer ma famille ; Sacrilège me lanceront-ils ! pouahh ! Est-ce commettre un sacrilège que de dire la vérité ? Ce que par-dessus tout je trouve être un sacrilège c’est plutôt la largesse qu’ils ont de s’immiscer dans la vie des autres ; de leur choisir droits et devoirs et surtout de négocier derrière leurs dos. Mon « casté » comme ils l’appellent affectueusement m’a aimé comme personne, il m’a compris dans tout et m’a soutenu partout et qu’il puisse faire mon bonheur éternel ne leur suffit pas…ils ne s’en soucient même pas si tu veux tout savoir parce que son sang l’a condamné à être « Teug ». J’ai encore envie d’éclater de rire ! Son sang ? Son sang ? Ils sont tellement doués, tellement qu’ils croient que « nous les nobles » notre sang est rouge et ceux des autres est peut être vert, jaune, rouge ou encore mieux le mélange de ces trois couleurs par respect à notre riche drapeau !

Ecœurée ! Choquée de les voir aussi zen quand ils le disent ; quand ils font de moi la risée de la famille pour dénoncer mon mauvais goût. Adama un mauvais goût ? C’est surement parce qu’ils ne l’ont pas vu braver vents et marées pour ma pauvre personne, c’est parce qu’ils ne l’ont pas vu prendre sa maigre bourse et me le remettre parce que mes parents pendant que je mourais de faim à la fac ont juste décidé qu’il y avait la tabaski qui approchait et qu’ils n’avaient pas encore d’habits pour la fête. Ils ne savent pas que toute les fois où le chagrin avait frappé à ma porte, il s’enfuyait à grand pas parce qu’un homme vigoureux lui faisait face, ils ne l’ont pas vu me susurrer à l’oreille qu’il m’aimait plus que sa vie et qu’un jour il me fera arrêter de pleurer…ils ne l’ont juste pas vu me tenir la main, ma tête sur son épaule trempée de mes larmes pour me dire « je suis là ». Ils n’ont rien vu ou ont choisi de ne rien voir parce qu’ils veulent me condamner, me tuer en sortant Adama de ma vie.

Ce n’est qu’un homme m’a dit ma mère ! un homme ? Elle n’a rien compris ce n’est pas juste un homme ; c’est L’homme aujourd’hui et Le jeune garçon d’hier ! C’était le jeune garçon avec qui je me suis chamaillée vers les pistes caillouteuses menant vers l’école élémentaire que nous fréquentions à l’époque. C’était bien l’enfant avec qui je me disputais nerveusement la première place en classe et qui me mettait hors de moi quand le maître annonçait fièrement « nous avons encore deux premiers : Adama et Khary » ; je suis d’ailleurs, en classe de CM2 allée voir le maître pour lui demander pourquoi à chaque fois il commençait par citer le prénom de Adama avant le mien. Etait-ce parce qu’il était mieux que moi ? Ou simplement la légendaire solidarité masculine ? A ces questions, il souriait et me disait : « ma petite Khary j’aimerais tellement te dire lequel de vous deux est mieux que l’autre mais hélas cela m'est impossible vu qu’aucun de vous deux ne veut lâcher du lest et rassure toi je commencerais par ton prénom dorénavant ».

(...)

Quand je pense que ma cousine Aby a ramené de la France un vieux chenapan de toubab qui n’était même pas musulman mais plein aux as et que la famille a accueilli les bras ouverts ! Ils préfèrent ai-je pensé un vieux qui a 22 ans de plus que ma cousine et qui fait semblant d’être un musulman converti à l’islam et qu’ils ne connaissent ni d’adam ni d’Eve que Mon Adama qui fait presque partie de ma famille et que je connais depuis des lustres. Ah ces « sans-argent-rien » !

La dot d’Alain de 3 millions de nos francs avait aveuglé tout le monde et même pas ils se sont demandés d’où est ce qu’il est sorti ; c’est Adama qui est « Teug » et d’après ma famille, il doit retourner vers les siens. Je n’ai pas dit mon dernier mot !


Dieynaba Diallo Diédhiou

DES ECHOS DE MON JOURNAL

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[1] Toubab : expression familière utilisée dans la société noire africaine en général pour désigner les personnes de race blanche.

vendredi 22 avril 2011

Couleurs

J'ai aimé le bleu comme la plupart des jeunes garçons intelligents, conformistes et innocents comme du blanc qui est tendre, pur et propre, mais salissant. Justement, le beige, quand c'est clair, me fait penser à du blanc sali, mais quand c'est foncé, ça me rappelle le maron vers lequel il tend ou le chocolat que je préfère noir. Le noir c'est à la fois fort, pure et classe. Il fait peur à certains, mais moi, c'est plutôt le rouge que je redoute; il est dangereux. Je préfère le rose qui est du rouge attendri par le blanc et que j'ai osé par anticonformisme et pour choquer. Mais il paraît que ça me va pas mal, même si d'autres le trouvent féminin sur les bords, comme si tout ce qui est tendre et docile devrait qualifier la femme! Que ferait-on alors du jaune qui est timide et qui a besoin d'une autre couleur pour ressortir? Il fait penser à la banane et cette dernière renvoie à l'homme, à sa partie la plus virile pour ainsi dire.

Ce texte lyrique sur les couleurs me donne envie de porter mon T-shirt vert aujourd'hui, pour plaire à mon amie à qui cette couleur évoque nature, fécondité et vie. Et comme mon jeans est noir, je prendrai la peine de porter une écharpe de coton noire froissée, autour du cou, non pas pour me la jouer bel artiste singulier, mais pour faire classe et protéger ma gorge de la brise, en même temps. Je la mettrai éventuellement sur ses épaules nues; je la sais frileuse et je devine qu'elle portera cette belle robe mauve à dos nu qui lui va comme gant et que j'aime. Elle la portera pour me faire plaisir et je le lui rendrai bien par une belle surprise... duma gënë gore!


Oui, je l'invite à la plage ce soir et elle ne se doute encore de rien. Assis sur le sable brun de Témara, nous verrons le grand soleil jaune et rougeâtre à cette heure, se coucher progressivent à l'horizon, au large, entre les deux bleus. Ne pensez surtout pas à des yeux d'une blonde ; je parlais du ciel et de la mer, qui paraissent bleus, par moments. Quant à mon amie, elle est métisse, ses yeux sont noirs et beaux et son regard doux et rose. Je l'aime comme j'aimais le bleu quand j'étais adolescent. Je l'aime comme j'aime le rose en ce ce moment. Je l'aime comme j'aimerai à jamais ma rose de mère.

Mouhamadoux

Rabat, vendredi 22 avril 2011



mardi 9 novembre 2010

LIENS UTILES

Copiez et collez les liens sur votre barre d'adresse pour accéder à quelques chaines de média
-
Ecouter RFM Dakar:
http://www.seneweb.com/radios/rfmradio/
- Regarder TFM:
http://www.sunu-tv.com/online/index.php?option=com_content&view=article&id=101&chid=tfm&mt=131&Itemid=1
- Ecouter RFI:

http://www.rfi.fr/aef_player_popup/rfi_player#

- Regarder RTS1:

http://www.sunu-tv.com/online/channels/rts.html

- Regarder 2S TV

http://www.sunu-tv.com/online/channels/2stv.html

lundi 8 novembre 2010

A Year Down The Road


November 8 2009. At or around 9pm. She picks up the last of her bags and leaves her mom’s bedroom, after having spent over an hour savouring the smell, the look, the feeling of her mother in this room, getting a final imprint on her mind; one that would stick permanently in a corner of this biological machine. Of course under the pretext of getting dressed, while relatives waited in the little living room to bid her farewell. Personal friends and friends of the family. Neighbours too. Appreciation engulfs her heart as the realisation of the close-knitted nature of Gambians dawned one more time on her. The whole day having been spent receiving relatives and neighbours, each with one or two words of advice, punctuated with sobs some gentle, others not so gentle.

At the last minute possible, she takes a picture of herself in this same room. One that she had shared with mommy and little sister for a long time. One that she still couldn’t resist spending the night in, even with her increasing age. That was it. The time was up. Weeks of shopping, taagor, packing and the stolen moments of solitude spent admiring the home, the people in it, the grandmother- yes the grandmother that felt her departure so much but wouldn’t let it show so as not to weaken the granddaughter’s feelings- now came to an end. It was time to pick up those bags and head out into the unknown. Bitim reww. Morocco!!

Banjul International Airport. Phone call which turns out to be from the best friend who had taken the same route to a different destination months earlier. How good it felt to hear one last time from her on that Africell line that would have been dead if over-texting was a killer-disease. Another thing she was going to miss in her daily life. One thing that she had gotten so much used to that the thumb of her right hand got deformed. It was the final goodbyes. Check-in jotna. Over with that procedure and returning one last time to the main entrance to say GOODBYE to those that journeyed to the airport with her. No, she wasn’t going to let those tears overcome her again. But could she? When it came to the last hug with the mother, those salty drops of water just had to trickle down the already sodden cheeks to illustrate the solemn moment passing between mother and daughter. A moment of silence, yet so loud in meaning. A definite no-no for words. That last smile that surfaces in her mind, even as she writes this. Priceless.

From the long journey to this moment, a lot of experiences remain to be understood. Far from home. No mum, no dad, not a member of the family. Alone in the aala. All in pursuit of greater knowledge. A pride to her family and friends. A source of inspiration for the young ones she left behind. The sharp cry from Marion as she stepped out of the compound over the cold water poured on the doorway still sends shivers down her spine and brings tears to her eyes.

Now a year is gone. A year of joy and sorrows. A year marked with phone calls announcing the birth of a nephew, the marriage of a friend, the death of an aunt or that old neighbour that fell sick. News of all forms, shapes and sizes. A year of one tobaski and one koriteh; the former excellent, the latter a complete case of boredom and nostalgia. A year of extreme cold and then extreme heat. A year of learning a new language. A year of making new friends. Yes this bit she loves the most. Friends from all over the world. From Ghana to Congo; Burkina Faso to Liberia; Mauritius to Kenya; Guinea Bissau to Central African Republic; and the list goes on. Of course further strengthening ties with her Senegalesembokas. A year nurturing the appreciation and respect of the different cultures in the world. A year increasing the open-mindedness in her. But then a year of being broke. A year of understanding what it meant to pay rent, what it meant to provide depaans.A year of appreciation of that one chuwi-diwtirr she disliked but would give anything to have today. A year with no ebbeh. An Easter with no nanburu-sharing, all over town. A Christmas with no hunting. A new year with no fireworks. A year of challenges and barriers and constraints and then success.

A success she still thrives to nurture, to fertilize, to water, to tend with utmost care. A success she got used to and is not willing to let go of. And each day comes with the prayer- on that Africell sajada she brought along, after offering the witr salat- that God protects her and all others of her kind. Away from home, striving for success under sometimes frustrating conditions and yet keeping their heads up. Looking at that glimmer of bright light in the not- so-far distance. That light whose rays shine more hope in their beings, fuelling their determination to overcome, against all odds, come rain come shine and snow if it wishes. That light that keeps getting nearer, though sometimes dim, but each time regaining its radiance as the epic silver lightning behind that cloud. And something whispers into her ear and tells her ‘ca va aller’, it shall be well. And she smiles, as she puts an end to the retrospect of that one year away from home sweet home.

I MISS EVERY TINY BIT OF THE GAMBIA!!!

J.J.

dimanche 17 octobre 2010

Ce qu'elle entend par écho!


Echo

Par écho, j’entends ce souffle éteint dans la brise d’ailleurs qui emplit mes sens ; ce souffle de naguère qui hante ma voix.

Le sol qui frémit sous mes pieds, le ciel qui gémit sur ma tête, c’est mon cœur qu’ils saignent de sa blessure dernière, c’est mon âme qu’ils exaltent de sa noblesse première.

Une image s’efface. Un souvenir ? Est-ce le sourire d’un ami ? le chant d’un oiseau qui s’emporte ? la symphonie matinale qui appelle à l’espoir ? Est-ce… ?

Une image se dessine : une ébauche des rêves ? un mirage folie ?

La puissance du désir, l’arme souffle, la pluie et la givre la couvrent.

Par écho, j’entends ce souffle éteint dont la brume d’un futur antérieur voile mon horizon, le chant de la source qui emplit la voix de ma raison, le sanglot des cascades des jours sombres. La plainte d’une conscience égarée ma parait continue. L’espérance naît, elle l’étouffe, la joie culmine, elle l’ébranle.

Par écho, j’entends non seulement ce souffle fantôme qui passe par les failles de la conscience et s’entaille d’autres mais aussi cet avenir antérieur, le rêve utopique qui se dissipe de l’enfant qui grandit et comprend.

FSBD

EFFERVESCENCE


Un soir,
Sobre d'espoir,
Une âme,
Qui sent la trame
S'en va
Triste, au-delà
Des mers
Loin des terres

Misère
En temps de galère
Cria l'absente voix

Ô calme
Mille larmes
D'espoir
Loin du terroir

Binette

lundi 11 octobre 2010

Mon terroir, la mue


Terroir qui a célébré mes aïeuls,
Terroir où jaillit l’espoir de voir mes filleuls,
Je te reconnais plus, tu deviens brouillard,
Terroir où faufilent des Froissarts,
Ta quiétude dantant synonyme d’espoir,
Est pollué par ces stimuli orientés vers le perchoir,
Longtemps enseveli dans les litanies grandioses des majestueux,
Tu es jeté au cœur de la vindicte de l’émoi arrogant et voluptueux,
Tes arbres fruitiers qui se vantaient de leur profil juteux,
Sont dépecés par un collège de cancres vicieux,
Mercantilisme valeur cardinale,
Le self service des avoirs, le foncier une politique territoriale,
Perversion, clientélisme vertu collégial,
Ô terroir, je rêve d’assister à la fin du festin royal gisant dans ton cervelet,
Ô terroir, je supplie ces âmes fécondes de patriotisme,
Ô terroir, j’implore tes fils noyés dans les eaux ténébreuses,
Tes fils qui s’arrachent des mâchoires entachées de quotidien austère,
Nous voilà au cœur du brouhaha vif, entouré de mystères,
La douzaine finira-t-il comme la quarantaine ?
Le prince fera-t-il l’inventaire du grenier ?
Ô terroir le soleil disparait de l’apparition de la lune,
Terroir mon reflet l’horizon s’assombrit……………
BDM

vendredi 27 août 2010

La pensee, la panse et le pansement....


Hier j'ai discute rapidement avec l'apprenti docteur de la pensee qui panse les maux par des mots, car les mots peuvent faire autant de maux que de bien et les mots sont tres souvent pour ne pas dire toujours des produits de la pensee. dans la tradition de certains africains dont les peulhs, on dit que les mots n'appartiennent pas a la bouche qui les emet mais aux oreilles qui les recoivent, ils sont des armes redoutables et des boomerangs, ils retournent toujours sur la face ( pour ne pas dire la gueule) de celui qui les profere. C'est d'ailleurs pourquoi le silence serait d'or si la parole etait d'argent....Que vient faire la panse dans tout ca? Eh bien hier encore en prenant entre mes deux doigts un "Tandarma" avec autour d'une table quelques senegalais, j'ai pu mediter sur le plaisir symbolique de la recompense et surtout de la servitude, oui servir avec plaisir et se voir recompenser. En soit la rupture du jeun n'est pas une recompense mais la fin d'un effort symbolique, la fin d'une privation volontaire, d'une obeissance voulu et pendant qu'il etait temps de penser a ma panse, je me suis demande si le fait de vider sa panse ne feconde pas la pensee? La panse pleine est elle compatible a une reflexion feconde et consistante, j'ai voulu demander au docteur de nous aider a decripter le message du Ramadan en terme de physiologie. L'equivalence des 3 decades du ramadan sur le corps, le symbolisme de la transcendance de l'esprit sur le corps de la derniere decade correspond-il aux voeux exhausses? Comment est physiologiquement le corps et psychologiquement l'etre dans chacune des 3 decades, c'est la reflexion que je vous propose....avant ou apres ndogou.
Abdoul SOW

lundi 15 mars 2010

UN ANGE DANS UN CAR RAPIDE




Samedi aprem, dans la périphérie de Dakar
Quelques sous en poche comme tout bon banlieusard
Et comme tout bon sénégalais quelques minutes de retard
Je m’engouffre illico presto dans un Rapide Car
Chauffeur, en avant, chu en retard
Et apprenti, vire nous donc ce vieux soulard
Il fait du boucan depuis le départ
Et je ne supporte pas son air hagard
Je suis assis entre deux Big Mama mon vieux
« Su dawee rek mu feex », c’est ca oui !
Je suis comprimé, ca me rends hargneux cet étui
Quand tout à coup elle entra… Oh mon Dieu !
Comment la décrire ? C’est un ange !
Une chevelure en feu, un regard étrange
Une tenue pas sexy, juste élégante
Et un sourire… Bref elle était charmante.
Que faisait-elle dans un Rap’s cette fée ?
Je la voyais dans une Ferrari, pire une Merco
Mon regard était scotché, j’étais bouche-bée
Elle était Roxane, j’étais Cyrano
Un petit coup d’œil à ma chemise fatiguée, mon jean délavé
Aucune chance que je puisse l’intéresser
Et apparemment, tout le monde l’observait dans la voiture
Normal. Comment ignorer une telle créature ?
« Apprenti feggel ma, je descends » finit-elle par dire
Le charme est rompu, je respire
Mais ce n’est pas tout, attendez, il y a pire
Juste avant de descendre, elle me décoche un de ces sourire…
Depuis ce jour, je ne l’ai plus revu
J’ai refais 1000 fois le trajet, je suis toujours descendu déçu
Mais mon cœur saigne depuis ce coup reçu
Et si je ne la revois pas, je vous jure, je me tue.

Je ne suis pas coupable


Eh bien, camarades, je ne suis pas coupable
Si je suis ici, ce n’est pas pour me mettre à table
C’est juste qu’il y a un tas d’incapables
Qui m’accusent et m’accablent !
Et de quoi on m’accuse ? Préférer mon fils à ceux des autres…
Ce n’est pas votre cas vous ? A d’autres !
De toute façon Karim-le-bien-né mérite mieux que de tenter de relever
Un pays où je ne vais rien lais… pardon ! où je n’ai rien trouvé
A tous ceux qui prétendent que je n’aime pas
Tous ceux qui portent la croix
Les gars, vous ne voyez donc pas
Que c’était juste des blablas d’un vieux gaga ?
On m’accuse aussi d’avoir un problème de priorité
De ne pas soulager les maux de la société…
Mes monuments et échangeurs, y a-t-il meilleur « trompe-la-faim » ?
Ayez l’esprit artistique waay, et arrêtez de penser au pain !
D’autres m’accusent de passer tout mon temps à l’étranger
J’ai un avion privé, je ne vais pas me gêner !
Rester dans ce pays malfamé
Où tous les jeunes sont des paumés
Où on ne peut se promener sans se salir
Où tout le monde crève de faim, même les Liir
Où l’électricité est une denrée rare
Où les immeubles s’écrasent sans crier gare
Où quelques millimètres de pluie rendent des quartiers inhabitables
Où les politiciens sont de plus en plus pitoyables
Eh bien je suis innocent, camarades
Et, s’il vous plait, arrêtez cette mascarade
2012 approche, et que vous le veuillez ou pas
Damay door doorat, je vous mènerez droit au trépas.

E M S, 14 Septembre 2009

mercredi 10 mars 2010

Une Américaine au Pays de l'Oncle Modou


Une américaine journaliste et universitaire qui a lu beaucoup d’articles sur le Sénégal et les sénégalais et qui a rencontré un étudiant sénégalais au Maroc, se décide, enthousiaste, de partir visiter ce pays petit de par sa géographie, mais grand de par sa notoriété.


Le Sénégal peut être très pauvre économiquement, mais assez riche humainement. Les étudiants sénégalais à l’étranger, depuis l’époque de la colonisation, ont fait la différence à travers leur excellence et leur patriotisme aussi bien qu’à travers leur remarquable courtoisie. Le sens de la courtoisie, de la galanterie, de l’hospitalité et de la reconnaissance constituent la fameuse Téranga sénégalaise qui fait la fierté de tout sénégalais. Cela est du moins ce qu’à toujours pensé cette américaine. Cette dernière est originaire d’Europe et américanisée par alliance. Son travail de journaliste militante des droits humains lui a permis de visiter et d’analyser beaucoup de pays du monde. Ensuite, sa carrière d’universitaire américaine lui a ouvert les portes de la coopération académique internationale. Et c’est dans ce cadre là qu’elle s’est retrouvée à enseigner au Maroc, l’une des destinations de prédilection des étudiants sénégalais à l’étranger.


Un matin du printemps 2009, elle fait part à son étudiant sénégalais de son projet de visite du Sénégal accompagnée de ses deux filles étudiantes de 17 et 18 ans. Elle commence par préciser sa volonté de faire du tourisme durable : « il y a assez de Méridien Président là d’où je viens…Je veux visiter les fameux sites et vivre pendant une semaine à la sénégalaise ». Aussitôt, son étudiant qu’il a invité à prendre un café à Rabat lui griffonne la carte de son pays sur un bout de papier. Il prend le soin de lui poser entre autres ces questions-ci : Ou vas-tu séjourner à Dakar ?, quels lieux veux tu visiter ? La dame sera accueillie par ses amis du Bureau d’Anglais de Dakar qui lui ont réservé une chambre dans un petit hôtel du centre ville. Ensuite, elle compte visiter l’île de Gorée car le père de ses enfants est afro-américain, le Lac Rose car il est unique au monde, la très belle ville de Saint Louis car l’une de ses filles souhaite visiter l’Université Gaston Berger. Mais au-delà de toutes ses monomanies, elle a un intérêt particulier pour la ville de Touba, sa majestueuse mosquée, et selon ses propos, son indépendance politico-économique.


Son étudiant qui est de Dakar lui recommande tout d’abord de faire un saut au Marché Kermel qui est à deux pas de son hôtel. Ensuite, il lui expliqua le système du « Wakhalé » (marchandage) avec les taximen ; en effet, il n’y a plus de taximètre à bord des « Jaunes-noirs ». Une vingtaine de ligne de bus Dakar- Dem- Dikk desservent, et très régulièrement la ville de Dakar et les prix sont à la portée de tous. Il y’a aussi les Tatas qui ne sont pas des tantes ambulantes, mais des minibus blancs de marque indienne, qui sont assemblés à Thiés, troisième ville du Sénégal après Touba, et qui doivent remplacer définitivement les Carrapides. Il est vrai que ces derniers sont amortis depuis belles lurettes. Toutefois, leurs couleurs à savoir le bleu et le jaune et les nombreuses inscriptions et décors qui passent du nom du transporteur aux bénédictions, d’un bel œil qui protège les passager (le chauffeur, son apprentis de même que la voiture) du mauvais œil aux images et signes artistiques locaux, ont toujours fait l’originalité et l’authenticité du « Carrapide » tout en embellissant la ville de Dakar. En plus, quoiqu’ils soient plus vieux que tous les étudiants sénégalais du Maroc, même ceux du troisième cycle, ils restent de loin plus spacieux que les Tatas qui seraient plus adaptés aux asiatiques qui sont de loin moins grands que les sénégalais et moins fortes que les dames sénégalaises.


La région de Dakar est exceptionnelle de part sa géographie. Non seulement c’est une presqu’île, mais elle est entourée d’îles. L’île de Ngor abrite l’une des plages les plus fréquentées du Sénégal. L’île des Madeleines qui, de par la déformation de son ancien nom « îlot Sarpan » est devenue « l’île des serpents », détient une biosphère hors du commun. L’île de Gorée quand a elle remporte le palme de la beauté architecturale. Son histoire attire la curiosité de tout touriste de passage au Sénégal. En dehors des îles et des belles plages, les Mamelles, deux monts qui renvoient à leur nom surplombent la ville. L’une d’elle abrite le vieux Phare blanc et l’autre est le socle du fameux statut de la Renaissance Africaine. Le Lac Rose des cartes postales se trouve lui aussi dans la région de Dakar. Toutefois, sa situation vers la sortie de la région l’enclave. Il n’est pas enclavé à vrai dire, mais pour quitter le département de Dakar et se rendre à celui de Rufisque ou se trouve ce lac, il faut s’armer de patience et de mouchoir car les embouteillages journaliers qui règnent sur cet unique tronçon de route sont redoutables. Les chantiers amorcés pour désengorger la ville l’engorgent davantage. Vivement la fin des travaux !


Pour se rendre à Saint Louis et à Touba qui ne sont qu’à quatre heures de route de Dakar, l’étudiant propose à son professeur de prendre un taxi interurbain « Sept Places ». Ces derniers sont plus confortables et beaucoup plus rassurant que les minicars et autres vans. La dame logera dans un hôtel à Saint Louis et rendra visite à deux familles différentes qui l’ont invitée. A Touba, elle ne connaît personne, mais elle est assez grande pour se débrouiller toute seule. En plus, c’est le Sénégal et tout le monde est invité et accepté partout. Elle ne veut pas visiter la Petite Côte qui abrite le réserve de Bandia et l’extraordinaire site touristique balnéaire de Saly car pour elle, c’est du déjà vu. Elle vit à Miami et elle a déjà fait son Safari au Kenya et ailleurs. C’est son choix et on le respecte au pays de la démocratie. Elle aurait quand même pu visiter la belle mangrove de la région aux alentours du village de Senghor où la parfaite harmonie entre musulmans et chrétiens, qui fait l’une des fiertés du Sénégal, atteint son paroxysme. Dans une même famille, vous trouverez des frères musulmans et chrétiens. L’imam serait le frère de l’abbé. Et plus touchant encore, les cimetières du village inhument musulman et chrétien côte à côte. Qu’en disent les religions ? On est sénégalais avant tout ; advienne que pourra !


En une semaine seulement, elle ne pourra malheureusement pas visiter la verte et exquise Casamance. Elle ne pourra pas non plus visiter le Sud Est du Sénégal où se trouve le plus grand parc naturel du pays, Niokolo-Koba, et les chutes d’eau gracieuses de Kédougou. Cette belle région montagneuse et fertile recouvre les gisements d’or et de fer du pays ainsi qu’une grande variété de fruits qui pourrissent à cause de l’enclavement. Toutefois, la récente « ruée industrielle » vers l’or et le fer a permis l’élaboration de plusieurs projets de développement dans la région. Heureusement aussi pour elle car elle ne souffrira guère de la tortuosité des routes nationales qui y mènent. D’ailleurs, à propos des routes et de l’éducation, elle donnera son avis à son retour de Dakar. En effet, de retour de Dakar, avec ses filles elles feront part de leurs impressions et de remarques mitigées autour d’un dîner dans un hôtel de Tanger, avec son étudiant sénégalais, deux marocains et un autre américain qui vit en Algérie. C’est là une belle occasion de raconter un voyage mémorable au pays de la Téranga.


L’étudiant est très frappé à la vue de son professeur et de ses deux filles qui ont bonne mine. Les trois dames lui ont toujours souri, mais cette fois-ci, une lueur nouvelle se dégage de leurs visages. Elles sont tout juste contentes et la plus jeunes des filles reste la plus enjouée avec sa nouvelle coiffure qui reflète son séjour son séjour au pays de la grâce. Quand elles disent « we loved your country ! » (Nous avons vraiment aimé votre pays !), les beaux yeux de la plus jeune disent « I adored it !» (Je l’ai adoré, moi !). C’est une assez belle entrée en matière pour ce jeune sénégalais qui s’est enorgueilli devant ses frères marocains qui l’ont appelé africain quand on sait qu’Afrique riment avec brousse et vie primitive des documentaires populaires. L’entrée est rapidement consommée et le serveur demande si la salade marocaine a été bonne pour obtenir comme réponse « C’était formidable ! », « c’était délicieux ! », « wonderful ! » et « bniin ! ». Par contre, quand il demande s’il peut apporter le mets principal, l’américaine a répondu bizarrement : « J’espère que ce n’est pas du Yassa ». En effet, elle affirme en avoir assez mangé pendant une semaine, deux fois au poisson grillé à l’hôtel, deux fois encore au poulet à Saint Louis, une autre fois ailleurs. C’est très délicieux, elle n’en disconvient point, cependant, pendant que son étudiant juge que c’est par pure coïncidence, elle a fait sa petite enquête pour découvrir que même le riz du Yassa est importé. En d’autre terme que le Sénégal ne produit qu’un peu d’oignons et de tomate et le reste des denrées est importé ; d’où la cherté des prix. Selon elle toujours, il faut être riche pour manger divers fruits au Sénégal, sinon, il faut se contenter de mangues et de pastèques par saison. Elle n’aurait apparament pas senti l’effet de la GOANA.


Autour du Tagine de veau, le récit des dames va de plus belle. Quand la mère affirme qu’elle a été séduit par la discipline qu’elle aurait remarquée chez les sénégalais qu’elle a rencontrés, ses filles lui rappellent combien le savoir vivre était notoire dans ce pays où des questions oiseuses frôlant l’insulte ne leur ont guère été posées. La culture générale du commun des étudiants sénégalais aussi bien à propos des Etats Unis que du Maroc entre autres, les a surpris. Par-dessus tout, la dame et les demoiselles ont apprécié la Téranga sénégalaise qui, d’après elle, en vaut le détour. Ainsi, disent-elles, les sénégalais constituent un des plus beau peuple du monde. Toutefois, toujours selon leurs dires, le peuple n’a pas le pays qu’il mérite. En effet, la journaliste a relevé une contradiction révélatrice sur l’éducation au Sénégal. Tandis que 40% du budget de l’Etat sont officiellement alloués à l’éducation, elle a remarqué qu’une fois en dehors de Dakar, il y a plein de jeunes enfants qui jouaient au bord de la route tout au long de ses déplacements, sans compter les talibés dans les rues des villes. Ils ne sont donc pas scolarisés. Les routes nationales sont tortueuses et étroites dès que l’on sort de Dakar. Pour cette expérimentée, c’est cela le signe incontestable de la corruption et de politique politicienne. En effet, elle fait remarquer que tout se concentre là où vivent les dirigeants et que les autres régions restent enclavées et dépendantes, ce qui équivaut à un oubli des périphéries. Quand le Sénégal semble en pleine effervescence quand on est à Dakar, il semble mort quand on y sort. Cependant, le journal télévisé et les sorties officielles font croire le contraire.


Le reflet de la corruption serait le fait que les routes sont vielles et les plus récentes d’entre elles sont mal faites. Les usagers s’y sont tellement accommodés qu’ils prennent la situation pour normale. En effet, le sénégalais lambda ne se plaint même pas de la vieillesse des voitures de transport en commun qui selon lui n’ont qu’un rôle, transporter passagers et bagages d’un point A à un point B. Il ne se sent jamais à l’étroit car la perception de l’espace dépend du cœur. Quand tu te sens à l’étroit au Sénégal, une dame ou un homme te demandera « d’élargir ton cœur ». Ainsi, même quand les transporteurs se mettent d’accord, avec l’aval d’une autorité qui ne se préoccupe guère du confort ou de la sécurité des citoyens, pour entasser les passagers comme du bétail peulh ou de la volaille sérère, les passagers s’adaptent comme par enchantement. Il faut qu’il y ait un malheureux drame à l’instar du regrettable naufrage pour que des voix politiciennes se lèvent. Si ces voitures là n’étaient pas bénies quotidiennement avec de l’eau bénite sur les roues ou autres talismans autours du volant, les nombreux accidents de la route auraient certainement fait plus de victimes.


Tandis que la militante déplore un système véreux qui permet à des voitures bonnes pour la casse de rouler au profit d’une administration indélicate et de quelques transporteurs voraces, avec des papiers légaux ou légalisés, ses filles quand à elles, saluent l’ingéniosité des chauffeurs sénégalais qui arrivent à rallier les deux point sans la pédale d’embrayage qu’ils ont su remplacer par un bouton quelque part à côté du volant, ou encore les vitres qu’ils arrivent à lever et baisser en tirant ou poussant méthodiquement le verre, entre autre systèmes. Ce qui les a le plus impressionné, c’est le manque de feu de signalisation ou parfois de simples panneaux que ces usagers de la routes ont su contourné en se faisant signe et en en se lançant des signaux pour céder le passage. Quand une voiture de transport en commun a une crevaison de pneu par exemple, c’est les passagers mêmes qui aident le chauffeur et son apprenti à changer la roue éclatée. Il ne faut pas oublier que le Sénégal est un pays où en matière d’affaire, il ya du cœur. Le chauffeur n’est pas uniquement un prestataire de service, il est un frère sénégalais avant tout.


Ce n’est qu’au dessert que l’étudiant demande aux dames leur impression suite à la visite de Touba. Sans surprise, elles répondent qu’elles ont toutes senties quelque chose d’inexplicable dans l’atmosphère de la ville sainte. Bien qu’elles aient été déçues du fait qu’il n’ya pas d’hôtel à Touba et qu’il a fallu loger dans l’unique hôtel de Mbacké qui a été très notable de par son insalubrité et son manque de drap de lit et où elles ont été abordées pour ne pas dire harcelées par des hommes qui ne cachaient pas leurs intentions, elles se sont apaisées une fois sur Touba ou l’écho des Khassaides du vénéré Cheikh Ahmadou Bamba rythme l’ambiance quotidienne. Leur unique désir a été de visiter cette mosquée majestueuse qui surplombe la deuxième agglomération du Sénégal. Les supposés guides « touristique» ont entamé aussitôt une altercation honteuse qui a aboutit à un échange de coup de poing et d’insultes. Les trois dames renoncent à leur visite et quittent aussitôt les lieux, se sentant gênées d’avoir attiré la concupiscence de ces talibés qui n’ont vu en elles que l’éventuel pourboire, les amenant à troubler le calme de la ville sainte. Touba est célèbre dans le monde grâce à ces vaillants mourides qui font la différence à travers leur discipline, leur travail et leur dévotion. Des gens du monde entier sont attirés par cette ville. Toutefois, il faudrait penser à l’accueil des visiteurs qui viennent en dehors du grand Magal. La construction de structures d’accueil autour de la ville sainte et une politique touristique saine participerait certainement au développement économique de cette ville émergente.


Si l’homme est le fruit de son milieu, la dégradation du comportement du sénégalais qui ne soucis guère de la discipline, de l’hygiène publique ou encore la négligence des valeurs séculaires de dignité, de respect et de patriotisme éclairée, reflètent un chaos sociale résultant de la dégradation de la qualité de vie au pays l’Oncle Modou. Il parait qu’autrefois, à la Médina de Dakar où a grandi Youssou Ndour, à l’époque où les gens du quartier vivaient encore dans des baraques en bois et que les toilettes étaient des latrines dérisoires, les foyers étaient remarquablement salubres. Quand l’eau de douche débordait, le service d’hygiène faisait un avertissement au domicile instantanément et le prochain manquement correspondait à une contravention. Aujourd’hui, les jeunes sénégalais ne connaissent guère l’existence d’un service d’hygiène, alors qu’ils sont tous relativement conscient du manque d’hygiène. Nous autres étudiants à l’étranger savons éminemment combien notre pays devient insalubre de vacances à vacances. Le soleil réveille les mouches qui deviennent de plus en plus grosses et la lune est bercée par des moustiques qui pullulent de pluies en pluies. Il est aujourd’hui naturel de dormir sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide à Dakar pour se protéger du paludisme comme le préconise Omar Pène. Toutefois, personne ne pense à pulvériser nuitamment et régulièrement les quartiers exposés. L’homo-senegalensis s’est adapté aux moustiques mais pas encore à la malaria. Alors, mieux vaut guérir que prévenir ! N’est-ce pas ?


Nous sommes un peuple uni, formidable et stable. Nous avons au plan humain ce qui manque à ceux qui ont des ressources naturelles de toutes sortes. Ainsi, il est temps de faire des efforts individuels qui participeraient en parallèles avec des politiques moins politiciennes et plus responsables, au développement durable de notre bien aimé Sénégal.


Mouhamadou SOW


Maroc, le 03/03/2010


http://mouhamadoux.blogspot.com/