lundi 15 mars 2010

UN ANGE DANS UN CAR RAPIDE




Samedi aprem, dans la périphérie de Dakar
Quelques sous en poche comme tout bon banlieusard
Et comme tout bon sénégalais quelques minutes de retard
Je m’engouffre illico presto dans un Rapide Car
Chauffeur, en avant, chu en retard
Et apprenti, vire nous donc ce vieux soulard
Il fait du boucan depuis le départ
Et je ne supporte pas son air hagard
Je suis assis entre deux Big Mama mon vieux
« Su dawee rek mu feex », c’est ca oui !
Je suis comprimé, ca me rends hargneux cet étui
Quand tout à coup elle entra… Oh mon Dieu !
Comment la décrire ? C’est un ange !
Une chevelure en feu, un regard étrange
Une tenue pas sexy, juste élégante
Et un sourire… Bref elle était charmante.
Que faisait-elle dans un Rap’s cette fée ?
Je la voyais dans une Ferrari, pire une Merco
Mon regard était scotché, j’étais bouche-bée
Elle était Roxane, j’étais Cyrano
Un petit coup d’œil à ma chemise fatiguée, mon jean délavé
Aucune chance que je puisse l’intéresser
Et apparemment, tout le monde l’observait dans la voiture
Normal. Comment ignorer une telle créature ?
« Apprenti feggel ma, je descends » finit-elle par dire
Le charme est rompu, je respire
Mais ce n’est pas tout, attendez, il y a pire
Juste avant de descendre, elle me décoche un de ces sourire…
Depuis ce jour, je ne l’ai plus revu
J’ai refais 1000 fois le trajet, je suis toujours descendu déçu
Mais mon cœur saigne depuis ce coup reçu
Et si je ne la revois pas, je vous jure, je me tue.

Je ne suis pas coupable


Eh bien, camarades, je ne suis pas coupable
Si je suis ici, ce n’est pas pour me mettre à table
C’est juste qu’il y a un tas d’incapables
Qui m’accusent et m’accablent !
Et de quoi on m’accuse ? Préférer mon fils à ceux des autres…
Ce n’est pas votre cas vous ? A d’autres !
De toute façon Karim-le-bien-né mérite mieux que de tenter de relever
Un pays où je ne vais rien lais… pardon ! où je n’ai rien trouvé
A tous ceux qui prétendent que je n’aime pas
Tous ceux qui portent la croix
Les gars, vous ne voyez donc pas
Que c’était juste des blablas d’un vieux gaga ?
On m’accuse aussi d’avoir un problème de priorité
De ne pas soulager les maux de la société…
Mes monuments et échangeurs, y a-t-il meilleur « trompe-la-faim » ?
Ayez l’esprit artistique waay, et arrêtez de penser au pain !
D’autres m’accusent de passer tout mon temps à l’étranger
J’ai un avion privé, je ne vais pas me gêner !
Rester dans ce pays malfamé
Où tous les jeunes sont des paumés
Où on ne peut se promener sans se salir
Où tout le monde crève de faim, même les Liir
Où l’électricité est une denrée rare
Où les immeubles s’écrasent sans crier gare
Où quelques millimètres de pluie rendent des quartiers inhabitables
Où les politiciens sont de plus en plus pitoyables
Eh bien je suis innocent, camarades
Et, s’il vous plait, arrêtez cette mascarade
2012 approche, et que vous le veuillez ou pas
Damay door doorat, je vous mènerez droit au trépas.

E M S, 14 Septembre 2009

mercredi 10 mars 2010

Une Américaine au Pays de l'Oncle Modou


Une américaine journaliste et universitaire qui a lu beaucoup d’articles sur le Sénégal et les sénégalais et qui a rencontré un étudiant sénégalais au Maroc, se décide, enthousiaste, de partir visiter ce pays petit de par sa géographie, mais grand de par sa notoriété.


Le Sénégal peut être très pauvre économiquement, mais assez riche humainement. Les étudiants sénégalais à l’étranger, depuis l’époque de la colonisation, ont fait la différence à travers leur excellence et leur patriotisme aussi bien qu’à travers leur remarquable courtoisie. Le sens de la courtoisie, de la galanterie, de l’hospitalité et de la reconnaissance constituent la fameuse Téranga sénégalaise qui fait la fierté de tout sénégalais. Cela est du moins ce qu’à toujours pensé cette américaine. Cette dernière est originaire d’Europe et américanisée par alliance. Son travail de journaliste militante des droits humains lui a permis de visiter et d’analyser beaucoup de pays du monde. Ensuite, sa carrière d’universitaire américaine lui a ouvert les portes de la coopération académique internationale. Et c’est dans ce cadre là qu’elle s’est retrouvée à enseigner au Maroc, l’une des destinations de prédilection des étudiants sénégalais à l’étranger.


Un matin du printemps 2009, elle fait part à son étudiant sénégalais de son projet de visite du Sénégal accompagnée de ses deux filles étudiantes de 17 et 18 ans. Elle commence par préciser sa volonté de faire du tourisme durable : « il y a assez de Méridien Président là d’où je viens…Je veux visiter les fameux sites et vivre pendant une semaine à la sénégalaise ». Aussitôt, son étudiant qu’il a invité à prendre un café à Rabat lui griffonne la carte de son pays sur un bout de papier. Il prend le soin de lui poser entre autres ces questions-ci : Ou vas-tu séjourner à Dakar ?, quels lieux veux tu visiter ? La dame sera accueillie par ses amis du Bureau d’Anglais de Dakar qui lui ont réservé une chambre dans un petit hôtel du centre ville. Ensuite, elle compte visiter l’île de Gorée car le père de ses enfants est afro-américain, le Lac Rose car il est unique au monde, la très belle ville de Saint Louis car l’une de ses filles souhaite visiter l’Université Gaston Berger. Mais au-delà de toutes ses monomanies, elle a un intérêt particulier pour la ville de Touba, sa majestueuse mosquée, et selon ses propos, son indépendance politico-économique.


Son étudiant qui est de Dakar lui recommande tout d’abord de faire un saut au Marché Kermel qui est à deux pas de son hôtel. Ensuite, il lui expliqua le système du « Wakhalé » (marchandage) avec les taximen ; en effet, il n’y a plus de taximètre à bord des « Jaunes-noirs ». Une vingtaine de ligne de bus Dakar- Dem- Dikk desservent, et très régulièrement la ville de Dakar et les prix sont à la portée de tous. Il y’a aussi les Tatas qui ne sont pas des tantes ambulantes, mais des minibus blancs de marque indienne, qui sont assemblés à Thiés, troisième ville du Sénégal après Touba, et qui doivent remplacer définitivement les Carrapides. Il est vrai que ces derniers sont amortis depuis belles lurettes. Toutefois, leurs couleurs à savoir le bleu et le jaune et les nombreuses inscriptions et décors qui passent du nom du transporteur aux bénédictions, d’un bel œil qui protège les passager (le chauffeur, son apprentis de même que la voiture) du mauvais œil aux images et signes artistiques locaux, ont toujours fait l’originalité et l’authenticité du « Carrapide » tout en embellissant la ville de Dakar. En plus, quoiqu’ils soient plus vieux que tous les étudiants sénégalais du Maroc, même ceux du troisième cycle, ils restent de loin plus spacieux que les Tatas qui seraient plus adaptés aux asiatiques qui sont de loin moins grands que les sénégalais et moins fortes que les dames sénégalaises.


La région de Dakar est exceptionnelle de part sa géographie. Non seulement c’est une presqu’île, mais elle est entourée d’îles. L’île de Ngor abrite l’une des plages les plus fréquentées du Sénégal. L’île des Madeleines qui, de par la déformation de son ancien nom « îlot Sarpan » est devenue « l’île des serpents », détient une biosphère hors du commun. L’île de Gorée quand a elle remporte le palme de la beauté architecturale. Son histoire attire la curiosité de tout touriste de passage au Sénégal. En dehors des îles et des belles plages, les Mamelles, deux monts qui renvoient à leur nom surplombent la ville. L’une d’elle abrite le vieux Phare blanc et l’autre est le socle du fameux statut de la Renaissance Africaine. Le Lac Rose des cartes postales se trouve lui aussi dans la région de Dakar. Toutefois, sa situation vers la sortie de la région l’enclave. Il n’est pas enclavé à vrai dire, mais pour quitter le département de Dakar et se rendre à celui de Rufisque ou se trouve ce lac, il faut s’armer de patience et de mouchoir car les embouteillages journaliers qui règnent sur cet unique tronçon de route sont redoutables. Les chantiers amorcés pour désengorger la ville l’engorgent davantage. Vivement la fin des travaux !


Pour se rendre à Saint Louis et à Touba qui ne sont qu’à quatre heures de route de Dakar, l’étudiant propose à son professeur de prendre un taxi interurbain « Sept Places ». Ces derniers sont plus confortables et beaucoup plus rassurant que les minicars et autres vans. La dame logera dans un hôtel à Saint Louis et rendra visite à deux familles différentes qui l’ont invitée. A Touba, elle ne connaît personne, mais elle est assez grande pour se débrouiller toute seule. En plus, c’est le Sénégal et tout le monde est invité et accepté partout. Elle ne veut pas visiter la Petite Côte qui abrite le réserve de Bandia et l’extraordinaire site touristique balnéaire de Saly car pour elle, c’est du déjà vu. Elle vit à Miami et elle a déjà fait son Safari au Kenya et ailleurs. C’est son choix et on le respecte au pays de la démocratie. Elle aurait quand même pu visiter la belle mangrove de la région aux alentours du village de Senghor où la parfaite harmonie entre musulmans et chrétiens, qui fait l’une des fiertés du Sénégal, atteint son paroxysme. Dans une même famille, vous trouverez des frères musulmans et chrétiens. L’imam serait le frère de l’abbé. Et plus touchant encore, les cimetières du village inhument musulman et chrétien côte à côte. Qu’en disent les religions ? On est sénégalais avant tout ; advienne que pourra !


En une semaine seulement, elle ne pourra malheureusement pas visiter la verte et exquise Casamance. Elle ne pourra pas non plus visiter le Sud Est du Sénégal où se trouve le plus grand parc naturel du pays, Niokolo-Koba, et les chutes d’eau gracieuses de Kédougou. Cette belle région montagneuse et fertile recouvre les gisements d’or et de fer du pays ainsi qu’une grande variété de fruits qui pourrissent à cause de l’enclavement. Toutefois, la récente « ruée industrielle » vers l’or et le fer a permis l’élaboration de plusieurs projets de développement dans la région. Heureusement aussi pour elle car elle ne souffrira guère de la tortuosité des routes nationales qui y mènent. D’ailleurs, à propos des routes et de l’éducation, elle donnera son avis à son retour de Dakar. En effet, de retour de Dakar, avec ses filles elles feront part de leurs impressions et de remarques mitigées autour d’un dîner dans un hôtel de Tanger, avec son étudiant sénégalais, deux marocains et un autre américain qui vit en Algérie. C’est là une belle occasion de raconter un voyage mémorable au pays de la Téranga.


L’étudiant est très frappé à la vue de son professeur et de ses deux filles qui ont bonne mine. Les trois dames lui ont toujours souri, mais cette fois-ci, une lueur nouvelle se dégage de leurs visages. Elles sont tout juste contentes et la plus jeunes des filles reste la plus enjouée avec sa nouvelle coiffure qui reflète son séjour son séjour au pays de la grâce. Quand elles disent « we loved your country ! » (Nous avons vraiment aimé votre pays !), les beaux yeux de la plus jeune disent « I adored it !» (Je l’ai adoré, moi !). C’est une assez belle entrée en matière pour ce jeune sénégalais qui s’est enorgueilli devant ses frères marocains qui l’ont appelé africain quand on sait qu’Afrique riment avec brousse et vie primitive des documentaires populaires. L’entrée est rapidement consommée et le serveur demande si la salade marocaine a été bonne pour obtenir comme réponse « C’était formidable ! », « c’était délicieux ! », « wonderful ! » et « bniin ! ». Par contre, quand il demande s’il peut apporter le mets principal, l’américaine a répondu bizarrement : « J’espère que ce n’est pas du Yassa ». En effet, elle affirme en avoir assez mangé pendant une semaine, deux fois au poisson grillé à l’hôtel, deux fois encore au poulet à Saint Louis, une autre fois ailleurs. C’est très délicieux, elle n’en disconvient point, cependant, pendant que son étudiant juge que c’est par pure coïncidence, elle a fait sa petite enquête pour découvrir que même le riz du Yassa est importé. En d’autre terme que le Sénégal ne produit qu’un peu d’oignons et de tomate et le reste des denrées est importé ; d’où la cherté des prix. Selon elle toujours, il faut être riche pour manger divers fruits au Sénégal, sinon, il faut se contenter de mangues et de pastèques par saison. Elle n’aurait apparament pas senti l’effet de la GOANA.


Autour du Tagine de veau, le récit des dames va de plus belle. Quand la mère affirme qu’elle a été séduit par la discipline qu’elle aurait remarquée chez les sénégalais qu’elle a rencontrés, ses filles lui rappellent combien le savoir vivre était notoire dans ce pays où des questions oiseuses frôlant l’insulte ne leur ont guère été posées. La culture générale du commun des étudiants sénégalais aussi bien à propos des Etats Unis que du Maroc entre autres, les a surpris. Par-dessus tout, la dame et les demoiselles ont apprécié la Téranga sénégalaise qui, d’après elle, en vaut le détour. Ainsi, disent-elles, les sénégalais constituent un des plus beau peuple du monde. Toutefois, toujours selon leurs dires, le peuple n’a pas le pays qu’il mérite. En effet, la journaliste a relevé une contradiction révélatrice sur l’éducation au Sénégal. Tandis que 40% du budget de l’Etat sont officiellement alloués à l’éducation, elle a remarqué qu’une fois en dehors de Dakar, il y a plein de jeunes enfants qui jouaient au bord de la route tout au long de ses déplacements, sans compter les talibés dans les rues des villes. Ils ne sont donc pas scolarisés. Les routes nationales sont tortueuses et étroites dès que l’on sort de Dakar. Pour cette expérimentée, c’est cela le signe incontestable de la corruption et de politique politicienne. En effet, elle fait remarquer que tout se concentre là où vivent les dirigeants et que les autres régions restent enclavées et dépendantes, ce qui équivaut à un oubli des périphéries. Quand le Sénégal semble en pleine effervescence quand on est à Dakar, il semble mort quand on y sort. Cependant, le journal télévisé et les sorties officielles font croire le contraire.


Le reflet de la corruption serait le fait que les routes sont vielles et les plus récentes d’entre elles sont mal faites. Les usagers s’y sont tellement accommodés qu’ils prennent la situation pour normale. En effet, le sénégalais lambda ne se plaint même pas de la vieillesse des voitures de transport en commun qui selon lui n’ont qu’un rôle, transporter passagers et bagages d’un point A à un point B. Il ne se sent jamais à l’étroit car la perception de l’espace dépend du cœur. Quand tu te sens à l’étroit au Sénégal, une dame ou un homme te demandera « d’élargir ton cœur ». Ainsi, même quand les transporteurs se mettent d’accord, avec l’aval d’une autorité qui ne se préoccupe guère du confort ou de la sécurité des citoyens, pour entasser les passagers comme du bétail peulh ou de la volaille sérère, les passagers s’adaptent comme par enchantement. Il faut qu’il y ait un malheureux drame à l’instar du regrettable naufrage pour que des voix politiciennes se lèvent. Si ces voitures là n’étaient pas bénies quotidiennement avec de l’eau bénite sur les roues ou autres talismans autours du volant, les nombreux accidents de la route auraient certainement fait plus de victimes.


Tandis que la militante déplore un système véreux qui permet à des voitures bonnes pour la casse de rouler au profit d’une administration indélicate et de quelques transporteurs voraces, avec des papiers légaux ou légalisés, ses filles quand à elles, saluent l’ingéniosité des chauffeurs sénégalais qui arrivent à rallier les deux point sans la pédale d’embrayage qu’ils ont su remplacer par un bouton quelque part à côté du volant, ou encore les vitres qu’ils arrivent à lever et baisser en tirant ou poussant méthodiquement le verre, entre autre systèmes. Ce qui les a le plus impressionné, c’est le manque de feu de signalisation ou parfois de simples panneaux que ces usagers de la routes ont su contourné en se faisant signe et en en se lançant des signaux pour céder le passage. Quand une voiture de transport en commun a une crevaison de pneu par exemple, c’est les passagers mêmes qui aident le chauffeur et son apprenti à changer la roue éclatée. Il ne faut pas oublier que le Sénégal est un pays où en matière d’affaire, il ya du cœur. Le chauffeur n’est pas uniquement un prestataire de service, il est un frère sénégalais avant tout.


Ce n’est qu’au dessert que l’étudiant demande aux dames leur impression suite à la visite de Touba. Sans surprise, elles répondent qu’elles ont toutes senties quelque chose d’inexplicable dans l’atmosphère de la ville sainte. Bien qu’elles aient été déçues du fait qu’il n’ya pas d’hôtel à Touba et qu’il a fallu loger dans l’unique hôtel de Mbacké qui a été très notable de par son insalubrité et son manque de drap de lit et où elles ont été abordées pour ne pas dire harcelées par des hommes qui ne cachaient pas leurs intentions, elles se sont apaisées une fois sur Touba ou l’écho des Khassaides du vénéré Cheikh Ahmadou Bamba rythme l’ambiance quotidienne. Leur unique désir a été de visiter cette mosquée majestueuse qui surplombe la deuxième agglomération du Sénégal. Les supposés guides « touristique» ont entamé aussitôt une altercation honteuse qui a aboutit à un échange de coup de poing et d’insultes. Les trois dames renoncent à leur visite et quittent aussitôt les lieux, se sentant gênées d’avoir attiré la concupiscence de ces talibés qui n’ont vu en elles que l’éventuel pourboire, les amenant à troubler le calme de la ville sainte. Touba est célèbre dans le monde grâce à ces vaillants mourides qui font la différence à travers leur discipline, leur travail et leur dévotion. Des gens du monde entier sont attirés par cette ville. Toutefois, il faudrait penser à l’accueil des visiteurs qui viennent en dehors du grand Magal. La construction de structures d’accueil autour de la ville sainte et une politique touristique saine participerait certainement au développement économique de cette ville émergente.


Si l’homme est le fruit de son milieu, la dégradation du comportement du sénégalais qui ne soucis guère de la discipline, de l’hygiène publique ou encore la négligence des valeurs séculaires de dignité, de respect et de patriotisme éclairée, reflètent un chaos sociale résultant de la dégradation de la qualité de vie au pays l’Oncle Modou. Il parait qu’autrefois, à la Médina de Dakar où a grandi Youssou Ndour, à l’époque où les gens du quartier vivaient encore dans des baraques en bois et que les toilettes étaient des latrines dérisoires, les foyers étaient remarquablement salubres. Quand l’eau de douche débordait, le service d’hygiène faisait un avertissement au domicile instantanément et le prochain manquement correspondait à une contravention. Aujourd’hui, les jeunes sénégalais ne connaissent guère l’existence d’un service d’hygiène, alors qu’ils sont tous relativement conscient du manque d’hygiène. Nous autres étudiants à l’étranger savons éminemment combien notre pays devient insalubre de vacances à vacances. Le soleil réveille les mouches qui deviennent de plus en plus grosses et la lune est bercée par des moustiques qui pullulent de pluies en pluies. Il est aujourd’hui naturel de dormir sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide à Dakar pour se protéger du paludisme comme le préconise Omar Pène. Toutefois, personne ne pense à pulvériser nuitamment et régulièrement les quartiers exposés. L’homo-senegalensis s’est adapté aux moustiques mais pas encore à la malaria. Alors, mieux vaut guérir que prévenir ! N’est-ce pas ?


Nous sommes un peuple uni, formidable et stable. Nous avons au plan humain ce qui manque à ceux qui ont des ressources naturelles de toutes sortes. Ainsi, il est temps de faire des efforts individuels qui participeraient en parallèles avec des politiques moins politiciennes et plus responsables, au développement durable de notre bien aimé Sénégal.


Mouhamadou SOW


Maroc, le 03/03/2010


http://mouhamadoux.blogspot.com/