
Le blog d'un sénégalais qui adore l'écriture et l'art sous toutes leurs formes et couleurs
jeudi 14 juillet 2011
Lettre ouverte à ma mère

PATRON PEUL ET BOY SERERE

-Allo Ngor
-Oui patron
-J'arrive pas à te joindre sur le fixe, ca va?
-Non
-Comment?
-Le manche de la pelle est cassé
-Tu te fous de moi
-Non patron
-Tu me fais peur pour un manche cassé
-Pardon patron je voulais pas vous faire peur
-Mais non, t'inquiète, désolé de t'avoir crié dessus mon petit sérér préféré. Vas y! raconte moi. Comment as tu pu casser cemanche han?
-J'enterrai le chien Mr Diallo...
-Quoi? mon chien, mon unique enfant!
-oui patron, il a plongé dans la piscine
-mais il savait nager
-oui, mais y avait pas d'eau et il s'est fracassé la tête
-Mais on a nettoyé et rempli la piscine ensemble
-On a utilisé l'eau pour éteindre le feu
-lequel?
- De votre maison
-Qui a mis ma villa en feu?
-On allumé un cierge pour votre maman et les rideaux ont pris feu
-Ma mère est morte?
-Oui, elle a piqué une crise cardiaque quand elle a surpris ton ami, mon cousin Gnokhor, dans la chambre...
-ma femme me trompe avec mon meilleur ami
-oui patron, elle est partie avec lui après les funérailles de votre mère et ... du chien
-Je m'absente en deux semaines et toute ma vie bascule, tu es mon porte malheur, tu ne me raconte que du négatif!
-Non patron, y a du positif, le test séropositif que tu as fait avant de partir, c'est sorti et grâce à Rook...
mardi 24 mai 2011
Couleur Marocaine
Le blanc lui fait penser à la gaité, à la paix mais aussi aux anges, donc à la mort, une mort gaie et paisible avec ce petit ange aux ailes blanchâtres qui l'accompagnera aux beaux jardins du paradis où il fait toujours beau, où il ya plein de fleurs et de couleurs du printemps. Le jaune lui fait fait penser aussi bien à la beauté de ce printemps-là qu'à l'or où à l'argent au sens bancaire du terme. Quant à l'amour, elle l'associe au rouge. Ca lui évoque le désir de l'homme qui finit par déflorer cette pure amoureuse en laissant cette trace de sang rouge sur le drap blanc. Cette idée la hante et lui fait penser à la vengeance en voyant du rouge. Ca éveille en elle une haine noire, fruit du mal de la trahison. En pensant à ce noir, elle finit toujours par se calmer. Cette couleur de la nuit et des profondeurs l'apaise, l'attendrit et la fait rêver dans un calme assourdissant. Elle pense à un avenir fécond alors vert, et elle a plus d'espoir. Quand elle voit le drapeau de son pays, en pensant à toute cette haine rouge, elle finit par se calmer grace à cette étoile verte qui lui évoque l'espoir d'un avenir meilleur, d'un horizon pur et radieux ou flirtent deux bleus, mer et ciel où ou se couche le soleil jaune du printemps et des joies pour laisser place à la nuit noire donc calme mais où se passent les passions les plus rouges.A Lamia
Mouhamadoux
Rabat le 24/05/2011
image: http://www.aufaitmaroc.com/maroc/societe/2010/3/7/une-decennie-davancees-remarquables-en-faveur-de-la-femme-marocaine
dimanche 24 avril 2011
DES ECHOS DE SON JOURNAL
Cher journal, beaucoup de gens, lorsqu’ils connaitront ton existence penseront la même chose : « nous avions vraiment sous-estimé sa folie ! » Est-ce de la folie d’être l’éternelle incomprise ? La fille renfermée qui pense comme une toubab[1] ? Celle qui pourtant malgré la largesse de sa famille se sent seule vraiment seule au monde ? Si ce sont les critères qui permettent de juger de ma faculté mentale alors là je suis bien folle ! bien folle d’avoir cette habitude depuis ma tendre enfance de te confier mes maux les plus lourds, les plus difficiles à supporter ; ceux qui me sont le plus durs à évacuer avec les mots. Si seulement ils savaient qu’il me faut écrire ces mots, qu’il me faut inéluctablement prendre mon stylo et déverser ma rage sur toi ! Le pauvre innocent que tu es… tu y es pour rien pourtant si j’ai l’impression que le monde entier me tourne le dos. Tu es un parfait intrus à la haine que je nourris.
Ils m’ont achevé, ils m’ont volé ma vie, mon avenir…
Je revois son visage peiné, je ressens ses larmes au bout de mes doigts, je le revois être là à me dire avec un optimisme douteux que ça va aller, que tout cela ne sera que de sombres souvenirs…j’ai bien envie de rire. C’est devenu mon quotidien cher journal !
Ce que je trouve génial dans cette riche société africaine c’est que nos parents se donnent le droit de choisir à notre place ! J’ai quand même 25 ans, hélas il n’y a pas de majorité dans le milieu des « Sans-argent-rien » oops je voulais dire « Sénégalais » …que les foudres s’abattent sur moi la prochaine fois que j’oserais sortir une telle vérité de ma bouche. C’est typiquement ce que grand-mère m’aurait dit si elle m’avait entendu et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle je te le dis parce que je suis sûre que tu me comprendras et que tu ne me jugeras point !
J’ai tant de haine envers eux tous pour ne pas dénoncer ma famille ; Sacrilège me lanceront-ils ! pouahh ! Est-ce commettre un sacrilège que de dire la vérité ? Ce que par-dessus tout je trouve être un sacrilège c’est plutôt la largesse qu’ils ont de s’immiscer dans la vie des autres ; de leur choisir droits et devoirs et surtout de négocier derrière leurs dos. Mon « casté » comme ils l’appellent affectueusement m’a aimé comme personne, il m’a compris dans tout et m’a soutenu partout et qu’il puisse faire mon bonheur éternel ne leur suffit pas…ils ne s’en soucient même pas si tu veux tout savoir parce que son sang l’a condamné à être « Teug ». J’ai encore envie d’éclater de rire ! Son sang ? Son sang ? Ils sont tellement doués, tellement qu’ils croient que « nous les nobles » notre sang est rouge et ceux des autres est peut être vert, jaune, rouge ou encore mieux le mélange de ces trois couleurs par respect à notre riche drapeau !
Ecœurée ! Choquée de les voir aussi zen quand ils le disent ; quand ils font de moi la risée de la famille pour dénoncer mon mauvais goût. Adama un mauvais goût ? C’est surement parce qu’ils ne l’ont pas vu braver vents et marées pour ma pauvre personne, c’est parce qu’ils ne l’ont pas vu prendre sa maigre bourse et me le remettre parce que mes parents pendant que je mourais de faim à la fac ont juste décidé qu’il y avait la tabaski qui approchait et qu’ils n’avaient pas encore d’habits pour la fête. Ils ne savent pas que toute les fois où le chagrin avait frappé à ma porte, il s’enfuyait à grand pas parce qu’un homme vigoureux lui faisait face, ils ne l’ont pas vu me susurrer à l’oreille qu’il m’aimait plus que sa vie et qu’un jour il me fera arrêter de pleurer…ils ne l’ont juste pas vu me tenir la main, ma tête sur son épaule trempée de mes larmes pour me dire « je suis là ». Ils n’ont rien vu ou ont choisi de ne rien voir parce qu’ils veulent me condamner, me tuer en sortant Adama de ma vie.
Ce n’est qu’un homme m’a dit ma mère ! un homme ? Elle n’a rien compris ce n’est pas juste un homme ; c’est L’homme aujourd’hui et Le jeune garçon d’hier ! C’était le jeune garçon avec qui je me suis chamaillée vers les pistes caillouteuses menant vers l’école élémentaire que nous fréquentions à l’époque. C’était bien l’enfant avec qui je me disputais nerveusement la première place en classe et qui me mettait hors de moi quand le maître annonçait fièrement « nous avons encore deux premiers : Adama et Khary » ; je suis d’ailleurs, en classe de CM2 allée voir le maître pour lui demander pourquoi à chaque fois il commençait par citer le prénom de Adama avant le mien. Etait-ce parce qu’il était mieux que moi ? Ou simplement la légendaire solidarité masculine ? A ces questions, il souriait et me disait : « ma petite Khary j’aimerais tellement te dire lequel de vous deux est mieux que l’autre mais hélas cela m'est impossible vu qu’aucun de vous deux ne veut lâcher du lest et rassure toi je commencerais par ton prénom dorénavant ».
(...)
Quand je pense que ma cousine Aby a ramené de la France un vieux chenapan de toubab qui n’était même pas musulman mais plein aux as et que la famille a accueilli les bras ouverts ! Ils préfèrent ai-je pensé un vieux qui a 22 ans de plus que ma cousine et qui fait semblant d’être un musulman converti à l’islam et qu’ils ne connaissent ni d’adam ni d’Eve que Mon Adama qui fait presque partie de ma famille et que je connais depuis des lustres. Ah ces « sans-argent-rien » !
La dot d’Alain de 3 millions de nos francs avait aveuglé tout le monde et même pas ils se sont demandés d’où est ce qu’il est sorti ; c’est Adama qui est « Teug » et d’après ma famille, il doit retourner vers les siens. Je n’ai pas dit mon dernier mot !
Dieynaba Diallo Diédhiou
DES ECHOS DE MON JOURNAL
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[1] Toubab : expression familière utilisée dans la société noire africaine en général pour désigner les personnes de race blanche.
vendredi 22 avril 2011
Couleurs
J'ai aimé le bleu comme la plupart des jeunes garçons intelligents, conformistes et innocents comme du blanc qui est tendre, pur et propre, mais salissant. Justement, le beige, quand c'est clair, me fait penser à du blanc sali, mais quand c'est foncé, ça me rappelle le maron vers lequel il tend ou le chocolat que je préfère noir. Le noir c'est à la fois fort, pure et classe. Il fait peur à certains, mais moi, c'est plutôt le rouge que je redoute; il est dangereux. Je préfère le rose qui est du rouge attendri par le blanc et que j'ai osé par anticonformisme et pour choquer. Mais il paraît que ça me va pas mal, même si d'autres le trouvent féminin sur les bords, comme si tout ce qui est tendre et docile devrait qualifier la femme! Que ferait-on alors du jaune qui est timide et qui a besoin d'une autre couleur pour ressortir? Il fait penser à la banane et cette dernière renvoie à l'homme, à sa partie la plus virile pour ainsi dire.
Ce texte lyrique sur les couleurs me donne envie de porter mon T-shirt vert aujourd'hui, pour plaire à mon amie à qui cette couleur évoque nature, fécondité et vie. Et comme mon jeans est noir, je prendrai la peine de porter une écharpe de coton noire froissée, autour du cou, non pas pour me la jouer bel artiste singulier, mais pour faire classe et protéger ma gorge de la brise, en même temps. Je la mettrai éventuellement sur ses épaules nues; je la sais frileuse et je devine qu'elle portera cette belle robe mauve à dos nu qui lui va comme gant et que j'aime. Elle la portera pour me faire plaisir et je le lui rendrai bien par une belle surprise... duma gënë gore!
Oui, je l'invite à la plage ce soir et elle ne se doute encore de rien. Assis sur le sable brun de Témara, nous verrons le grand soleil jaune et rougeâtre à cette heure, se coucher progressivent à l'horizon, au large, entre les deux bleus. Ne pensez surtout pas à des yeux d'une blonde ; je parlais du ciel et de la mer, qui paraissent bleus, par moments. Quant à mon amie, elle est métisse, ses yeux sont noirs et beaux et son regard doux et rose. Je l'aime comme j'aimais le bleu quand j'étais adolescent. Je l'aime comme j'aime le rose en ce ce moment. Je l'aime comme j'aimerai à jamais ma rose de mère.
Mouhamadoux
Rabat, vendredi 22 avril 2011
